Aucune route n’est trop longue : apporter nourriture, solidarité et espoir à Zeballos

Dans l’une des communautés les plus éloignées de l’île de Vancouver, une distribution alimentaire mensuelle devient une expression concrète de la solidarité vincentienne.


Lorsque le camion de ravitaillement arrive au bureau de la bande Ehattesaht-Chinehkint, une équipe est déjà sur place pour l’accueillir.


Les denrées sont déchargées, triées et préparées pour la distribution. Les membres de la communauté mettent la main à la pâte, les enfants apportent leur aide en dehors des heures de classe et Kisha, la coordinatrice locale, veille au bon déroulement des opérations.

Cela peut sembler n’être qu’une simple journée de distribution alimentaire. Mais à Zeballos, la portée de cette initiative est bien plus grande.


Situés sur la côte ouest de l’île de Vancouver, Zeballos et les communautés voisines d’Ehatis et d’Oclucje font face aux défis inhérents à la vie en région éloignée.

Il n’y a pas de supermarché complet sur place, les moyens de transport sont limités et les résidents doivent parfois parcourir entre 174 et 384 kilomètres (aller-retour) pour se rendre dans des centres plus importants afin de faire leurs courses, honorer des rendez-vous médicaux ou accéder à d’autres services essentiels.


Pour les familles disposant de revenus limités ou fixes, ces distances peuvent rendre particulièrement difficile l’accès à des aliments frais et abordables.


C’est là que la Société de Saint-Vincent de Paul joue un rôle déterminant.

Un lien mensuel


Chaque mois, la SSVP, en collaboration avec la banque alimentaire Loaves and Fishes, apporte une aide alimentaire à environ 40 foyers, soit près de 93 adultes, enfants et jeunes des communautés environnantes.

De la viande fraîche et surgelée, des fruits et légumes, du poisson en conserve et de la nourriture pour animaux sont livrés au bureau de la bande, où ils sont ensuite distribués aux familles.


L’impact concret est considérable. L’aide alimentaire permet aux familles de mieux gérer leur budget et de dégager des fonds pour le loyer, les charges, le carburant, les transports et d’autres besoins essentiels. Ces livraisons régulières permettent également de réduire la nécessité d’effectuer des déplacements coûteux hors de la communauté.


Toutefois, la valeur de ce programme ne se mesure pas uniquement en quantité de nourriture distribuée.

« Au-delà de l’aide alimentaire elle-même, ce programme de proximité témoigne du fait que les habitants des communautés isolées ne sont pas oubliés. »


Ce message de solidarité a été particulièrement manifeste lors de la visite, le 21 août, de Paul Bertrand et Sheila Keats, représentants de la SSVP.


La distribution de denrées a offert l’occasion non seulement de livrer des provisions, mais aussi de rencontrer les membres de la communauté, d’être à l’écoute de leurs préoccupations et d’envisager des pistes de collaboration.


S’appuyer sur les acquis


La communauté ne se contente pas de recevoir de l’aide : elle contribue activement à sa propre sécurité alimentaire.

La récolte traditionnelle, la distribution de poissons destinés à la consommation et le partage entre familles jouent tous un rôle important. Des serres communautaires et scolaires fournissent des produits de saison, tandis que la communauté organise régulièrement des séances de mise en conserve.


Poissons, confitures, légumes, conserves au vinaigre et fruits sont ainsi préservés et partagés avec les familles locales.

Lors de la visite d’août, de l’ail et des pommes de terre cultivés sur place ont également été offerts. Bien que la culture de la pomme de terre soit difficile dans la région en raison des conditions météorologiques, de la nature du sol et des nuisibles, d’autres initiatives locales témoignent de la détermination de la communauté à tirer le meilleur parti des ressources disponibles.


Le rôle de la SSVP est de compléter ces efforts, et non de s’y substituer.


De la sécurité alimentaire à la résilience communautaire


Les échanges à Zeballos laissent entrevoir une vision plus large. La sécurité alimentaire est étroitement liée aux questions de transport, de logement, d’emploi et d’accès à la formation.


Parmi les pistes de collaboration future figurent l’amélioration de l’accès à une alimentation abordable, le transport vers les centres de services régionaux, le développement du parc de logements, les possibilités de formation locale et la création d’emplois plus stables tout au long de l’année.


Tel est l’esprit du service vincentien : écouter d’abord, tisser des liens et accompagner les personnes dans la recherche de solutions adaptées à leur communauté.

Chaque mois, environ 200 livres de pommes de terre, 100 livres de carottes, 100 livres d’oignons, 226 pommes et 276 oranges prennent la route vers le nord. Ces quantités peuvent sembler ordinaires, mais leur impact est tout sauf banal.


Et les enfants, en particulier, raffolent des pommes et des oranges.

« Un colis alimentaire peut apporter un soulagement. Une livraison mensuelle peut offrir de la stabilité. Mais une relation humaine peut faire naître l’espoir. »


L’action menée à Zeballos nous rappelle que le service vincentien ne connaît pas de frontières géographiques. Que la personne aidée vive dans une grande ville ou dans une localité isolée, accessible uniquement par des routes difficiles, l’appel demeure le même : servir avec amour, respect, justice et joie.


Parfois, vivre cette mission exige de se dépasser.


À Zeballos, cela signifie aller bien plus loin encore, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte.


Paul Bertrand, Vice-président et Sheila Keats, Présidente
Société de Saint-Vincent de Paul, Conférence Our Lady of Guadalupe
Saint Patrick’s Parish, Campbell River C.-B.

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