Histoire, patron et fondateur

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LA SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT DE PAUL

La Société de Saint-Vincent de Paul figure parmi les initiatives apostoliques qui doivent leur origine au libre choix des laïcs.

Elle est une organisation internationale de laïcs, fondée à Paris en 1833 par Frédéric Ozanam et ses compagnons. De caractère catholique, elle est ouverte à tous ceux et celles qui désirent vivre leur foi dans l'amour et le service de leur prochain.

Placée sous le patronage de saint Vincent de Paul, elle s'inspire de sa pensée et de son œuvre en s'efforçant, dans un esprit de justice, de charité, d'entraide et de solidarité avec les pauvres et par un engagement personnel de soulager ceux et celle qui souffrent.

 

SON FONDATEUR : FRÉDÉRIC OZANAM

Qui est Frédéric Ozanam?

Jeune universitaire de 20 ans, d'un grand intérêt pour la littérature et l'histoire, profondément chrétien, il participait d'une façon assidue aux délibérations de la conférence d'histoire où l'on s'occupait également de littérature et de philosophie.

Né le 23 avril 1813 à Milan, marié et père de famille, il est un professeur renommé de la Sorbonne. Il est hanté par la misère des pauvres et son rêve est de réconcilier les classes sociales. Il mène un combat de justice et de charité. Sa foi lui faisait voir le Christ présent dans le pauvre et au soir de sa vie, il redira clairement : " Notre but fut de nous maintenir dans la foi catholique et de la propager chez les autres par le moyen de la charité ".

En 1815, la famille Ozanam s'établit à Lyon alors que le père médecin se voit confier un poste à l'Hôtel-Dieu.

En 1822, Frédéric commence ses études classiques et en 1831 fait son entrée à la Sorbonne.

En 1833, soucieux de répondre aux attaques formulées par des confrères disciple de Saint-Simon, Ozanam et quelques-uns de ses compagnons fondent la Société de Saint-Vincent de Paul.

Ozanam reçoit les encouragements de M. Bailly, ancien directeur de la Société des bonnes études. Il convient avec ses compagnons de poursuivre leur but, " aider les pauvres matériellement et, après un certain cheminement, peut-être, de tenter de les ramener à la pratique religieuse ".

Le 23 avril 1833 se tenait donc la première réunion de la Société naissante.

 

PREMIÈRE COLLABORATRICE

Dès les premières rencontres, on opte pour la visite des pauvres à domicile, mais ce choix ne pouvait se faire sans une étroite collaboration avec les Filles de la Charité et sans le concours de Sœur Rosalie Rendu pour les démarches concrètes et pratiques.

Cette femme a exercé une grande influence sur l'œuvre naissante de la Société de Saint-Vincent de Paul et personne autre que Sœur Rosalie n'était en mesure d'aider ces jeunes à faire l'apprentissage de la charité.

Durant deux années, Sœur Rosalie leur fournit des adresses de familles nécessiteuses, leur prodigue ses conseils et ses recommandations pleines de sagesse.

On pense à la formation d'une deuxième conférence, mais il devient difficile de couper ces premiers liens d'amitié et c'est encore cette humble Fille de la Charité qui a convaincu cette première équipe de former cette deuxième conférence, point de départ de l'expansion de la Société.

 

LA SOCIÉTÉ DE SAINT-VINCENT DE PAUL AU CANADA

En 1846, à Québec, le docteur Joseph Painchaud, fonde la première conférence au Canada.

En cette période, les membres ne manquaient pas de besogne. Les épidémies apportés par des immigrants étaient les plus graves et il s'y ajoutait des crises économiques " ce qui a favorisé la fondation de deux caisses d'épargne " ou " Caisses d'économie " pour accoutumer la classe pauvre à l'épargne.

En 1848, quelques jours après la fondation de la Société à Montréal, après une visite aux prisonniers, les membres envoient un rapport au gouvernement sur les réformes à introduire dans la régie de la prison.

Tout au long de son histoire, la Société de Saint-Vincent de Paul s'est adaptée aux nouveaux besoins et elle a développé des œuvres permanentes ou temporaires pour venir en aide aux Familles, pour s'occuper des pauvres honteux, des gueux ou des clochards qui se regroupaient, sans foyer, sans parent, sans église, etc…

En 2008, le Canada compte 988 conférences, 95 conseils particuliers, 13 conseils centraux, ainsi que 5 conseils régionaux : C.-B. & Yukon - Ouest - Ontario - Québec - Atlantique. Les pauvres peuvent compter sur l'aide de nos 12 468 membres qui ont effectué 380 351 visites l'an dernier, aider ainsi 475 173 personnes dans le besoin, d'un océan à l'autre, à travers tout le Canada.

 

LA RÈGLE

Vers la fin de l'année 1835, le nombre des membres admis atteignait le chiffre de deux cent cinquante. Le moment paraissait être venu de les pourvoir d'une organisation régulière. Aussi, M. Bailly résolut-il de donner à la Société de charité un règlement écrit. Il chargea M. Lallier de le rédiger, se réservant quelques réflexions préliminaires.

Cette règle, amendée à différentes époques, fut le guide de la Société et l'est encore aujourd'hui alors qu'elle a été révisée de nouveau en 1968, comme document pour un quinquennat à titre expérimental, étape préalable à la Règle approuvée ensuite à Dublin (Irlande) et qui elle-même a été remplacée par la Règle de 2003 à Rome. Suite à l'adoption de cette nouvelle Règle internationale, la Règle et les statuts du Canada ont été restructurés en profondeur au bénéfice des Vincentiens canadiens. En juin 2006, lors de l'Assemblée générale du Conseil national à St. John's, Terre-Neuve, une nouvelle version de la Règle et des statuts a été présentée aux membres, qui ont voté en faveur de son adoption. La Règle et les statuts ont alors été envoyés au Conseil Général International qui les a ratifiés à son tour, le 8 juin 2008.

Il est fortement recommandé que chaque membre de la Société se fasse un devoir, non seulement de lire la Règle et ses commentaires, mais de l'étudier et de s'en inspirer

 

EXPANSION

Fondée à Paris par Frédéric Ozanam et quelques compagnons qui ont senti le besoin d'affirmer leur foi par la visite aux pauvres en leur apportant des secours matériels et spirituels, les pionniers ont vu en saint Vincent de Paul un modèle de la charité du Christ.

Avec tout le support reçu de monsieur Emmanuel Bailly et de Sœur Rosalie Rendu, forts de leur conviction religieuse et de leur sensibilisation aux problèmes de pauvreté qui sévissaient dans Paris, les conférences se sont rapidement répandues en France et dans les autres pays d'Europe.

Les ramifications de la première conférence à Paris se sont étendues au Canada, sous l'instigation du Dr. Joseph Painchaud.

En 1846, le Docteur Painchaud, après de brillantes études à Paris, fonde une première conférence à Québec. À la suggestion de Mgr. Ignace Bourget se fonde une première conférence à Montréal en 1848. Sous l'instigation de monsieur Georges Manly Muir se fonde une première conférence à Toronto en 1850, etc…

À la fin de 2001, elle comptait au Canada plus de 980 conférences et conseils, soit plus de 10 500 membres dont la principale activité fut de rendre visite aux démunis et d'aider plus de 313 000 personnes, en leur apportant secours matériels, réconfort, soutient spirituel et moral.

En 2003, la Société de Saint-Vincent de Paul continue à poursuivre son œuvre au Canada et se retrouve dans toutes les régions, d'une mer à l'autre, particulièrement au Québec et en Ontario, et est en constante expansion dans les provinces maritimes et dans l'ouest canadien.

Il faut compter aussi tous ces membres bénévoles qui se donnent jour après jour à l'intérieur de nombreux vestiaires et comptoirs et qui permettent à un grand nombre de personnes moins nantie de se vêtir, de se procurer des accessoires nécessaires à leur vie quotidienne et qui permettent par leur contribution monétaire la poursuite de l'œuvre de la Société.

À la mort d'Ozanam, la Société comprenait plus de 15 000 membres vincentiens. La Société de Saint-Vincent de Paul est maintenant présente dans plus de 131 pays, et regroupe plus de 47 400 conférences et 590 000 membres actifs.

Cette expansion de la Société à travers le monde est le plus beau monument que nous pouvons élever à la mémoire de nos fondateurs ainsi qu'à tous nos prédécesseurs.

Nous ne pouvons évaluer tout le fruit de cette semence qui a germé pendant près de 170 ans et dont nous ressentons encore les retombées aujourd'hui à l'intérieur des pays qui ont subi l'oppressions, qui se relèvent et où on voit renaître de nouvelles conférences.

Ozanam fut le pionnier d'un " réseau de charité " qui s'étend sur tout le monde.